L’étudiant qui aurait aimé avoir plus de réponses

Pour le troisième cours de philosophie, je fais lire un petit ouvrage très court, très simple, mais très pertinent, Éthique à l’usage de mon fils de Fernando Savater. « Yark, un livre, mais au moins il est court ». Ils ne le savent pas, mais on adore ce genre de commentaires. Si la philosophie ne dérangeait pas un peu, je me poserais de sérieuses questions. J’avertis mes étudiants dès la première séance : faites attention, vous pourriez même aimer cette lecture!

Le livre doit être lu pour la troisième semaine. À la fin d’un cours, en me remettant la copie du travail à réaliser sur le bouquin, un étudiant vient me voir. C’est un étudiant étranger qui a fait beaucoup de chemin pour venir étudier chez nous. Tous ses collègues ont quitté. Il me dit : « ce n’est pas correct, comme livre ». Évidemment, je lui demande d’élaborer un peu. « Mais oui, l’auteur nous embrouille. Il nous force à nous questionner, mais ne nous dit pas ce qu’il faut faire ».

Comme la plupart des livres en philosophie, Savater ouvre beaucoup de portes, mais donne peu de réponses. Je lui explique que c’est volontaire et que c’est un exercice important dans ma discipline – se remettre en question. « C’est chiant », me dit-il.

Oui, c’est chiant, comme la lumière du jour au réveil. Mais qui s’en passerait?

 

 

Olivier Bouchard
Cégep de Matane

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